28/03/2011

IRN-BRU - do you feel phenomenon?

J'avais envie d'écrire un article sur un emblème écossais pourtant si peu connu en France: l'Irn-bru. Irn-bru, ou Iron-brew ("décoction à base de fer"), est avant n'importe quel whisky (sans "e" s'il vous plait) la boisson nationale d'Écosse. Voici ma pub préférée pour vous donner un indice:
Irn Bru If Ad May 2008 par Miette88
C'est une boisson gazeuse de couleur jaune-orange, très pétillante et sucrée au goût, peut-être même un peu trop, ce qui la rend écœurante au premier essai. La première fois que j'en ai bu, les bulles me sont très vite monté à la tête et j'ai eu une sensation d'explosion de sucrée (oui oui au cerveau) ce qui était très désagréable. Voici quelques uns des ingrédients:
limonade aux extraits végétaux, eau gazéifiée, sucre, acidifiant, arômes naturels (dont caféine et quinine), conservateur E211, colorant E110, citrate de fer, ammoniacal...Ça ne donne pas tellement envie, n'est-ce pas?

Il est d'ailleurs très probable que comme son lointain cousin anglais La Marmite, il est très difficile de l'aimer...si l'on est pas Écossais soi-même. Je pense donc qu'il faut être tombé dans une marmite d'Irn-bru étant petit.
Et malgré ce goût atroce, des millions d'Écossais en boivent régulièrement. Mais pourquoi donc? Après un vague sondage auprès de quelques natifs, je vais tenter de donner quelques réponses:
- c'est une boisson énergisante qui revigore après une soirée agitée; elle est donc idéale pendant une gueule de bois (rappelez-vous que les écossais aiment faire la fête)
- c'est une boisson mystérieuse dont certains ingrédients secrets ne sont connus que par deux Écossais.
- c'est une boisson non-alcoolisée de braves; si on est un véritable Highlander il faut supporter l'acidité
- c'est une boisson qui fait concurrence à Coca-cola, symbole américain
- c'est une boisson dont la pub est décomplexée et drôle
- c'est une boisson 100% écossaise, produite et fabriquée par la compagnie Barr à Glasgow depuis plus de cent ans. Elle est même reconnue comme faisant partie de la culture de la Nation.

sur le modèle de la série Glee mais façon lycée écossais:

Enfin, en février dernier, j'ai assisté à Glasgow au concert de Beardyman qui a improvisé une chanson sur la Irn-bru, désolée pour la qualité de la vidéo, je l'ai trouvée sur youtube mais le son reste assez bon:

Alors je ne sais pas si je vous ai donné envie d'essayer. Quant à moi, je ne sais pas si un jour j'arriverai à l'aimer. Toutefois, si cela arrive, je pourrais peut-être alors me considérer comme écossaise.

12/03/2011

Norman - les bilingues (bilingual pple)

Une petite vidéo marrante en réaction aux bilingues franco-anglais en France. Je trouve cela criant de vérité :D.

Et même si je suis loin d'être bilingue, j'avoue souvent me comporter instinctivement comme telle:
1- confondre le français et l'anglais (parce que c'est une véritable gymnastique mentale de passer de l'un à l'autre)
2- avoir tout l'électronique traduit en anglais (portable, facebook, jeux etc)
3- rêver en anglais
4- lire les consignes en anglais sur les emballages
5- rire à gorge déployée lorsque l'on comprend ENFIN la vanne d'un artiste sur scène. Mais c'est plus une façon de compenser toutes les fois où on a raté la blague.
6- corriger les fautes des autres. Et là, c'est un de mes pires défauts: entendre quelqu'un massacrer une langue que j'aime m'est une véritable torture et il est alors plus fort que moi de corriger sur le champs l'erreur!
Mais je dois rappeler que mon anglais est très loin d'être parfait, donc j'espère que mon cas n'est pas encore trop grave. Et enfin il est vrai que le français est une langue belle et riche et qu'il faut en être fier!... bien que beaucoup de francophones ne la maîtrisent pas...

Et voilà un autre grand moment de traduction française/anglaise tiré du film L'Auberge Espagnole (A House Full of Crazy People // La Casa de los Locos)

La fac / L'Auberge espagnole par yAmShAmOyAl

05/03/2011

Do you speak Weegie?


Depuis quelques mois je retourne en Ecosse dès que le temps et l'argent me le permettent. En l'espace de moins d'un an, j'y suis allée 3 fois pour y passer le Fringe Festival, le nouvel an et les vacances de février. Une fois les portes de Glasgow franchies, les paysages sont magnifiques, que vous soyez au bord de la mer, le long d'un loch ou à la montagne et cela même en hiver car tout est recouvert de neige et les lochs sont gelés. En outre, les écossais sont généralement chaleureux envers les français (Auld Alliance oblige) et c'est une région riche culturellement.

Cependant les points négatifs sont les suivants:
- il fait froid et humide durant toute l'année, il pleut souvent l'été bien qu'il fasse relativement les mêmes températures à Glasgow qu'à Paris le reste du temps.
- l'habitude de beaucoup d'écossais de se saouler tous les weekends (malheureusement véridique partout où je suis allée...)
- l'accent de la population dans certains endroits est très difficile à comprendre et c'est parfois un travail de traduction de dur labeur.

Glasgow est réputé pour avoir son dialecte particulier: le "Weegie", "Glasgow Patter" ou "Glaswegian", une sorte de patois variant de l'anglais et du gaélique écossais que même les anglais VOIRE CERTAINS ÉCOSSAIS n'arrivent pas non plus à comprendre. Il est donc tout à fait normal que nous, pauvres petits Français étant dits très mauvais en langues étrangères, n'y pigeons absolument rien. Voyez un peu comment cette pauvre Américaine s'y perd totalement:

Ce patois est d'ailleurs de plus en plus considéré comme une langue à part et il est très bien vu par certaines entreprises de l'avoir comme seconde langue sur son CV. Voici une petite annonce tirée d'un journal local:

Donc d'un certain côté, en apprenant cette langue, ce sera un gros travail mais je pourrai me rapprocher des gens qui la parlent. Une femme de Glasgow a pleuré de rire lorsque je lui ai dit en plaisantant "eejit" (= imbécile), un des deux mots de vocabulaire que j'ai jusque-là appris. Je pense donc être sur la bonne voie, même s'il va falloir m'apprendre à être un peu plus polie.

spéciale dédicace à Callum qui a bossé dans plusieurs centres d'appel à Glasgow