29/01/2013

TES ou pas TES

Grosse prise de bec avec ma mentor. Hier soir avant d'aller me coucher, je suis allée voir mes mails pour  tomber sur ça:

"I would like you to create your own resources which is part of creativity within teaching. You must not use TES and other resources that you might have come across when you were working in other schools. Our trainees have always made their own resources from scratch and they did a great job." 

En gros, elle est allée regarder la date de mon powerpoint dans les paramètres et en a conclu que j'avais simplement repêché un vieux cours qui n'est même pas le mien alors que si, et même que j'y ai passé tout mon week-end.  Je ne vois vraiment pas en quoi utiliser les ressources de TES empêcherait d'être créatif. Au contraire, il faut très souvent réarranger, corriger les erreurs, se l'approprier. En gros, cela donne juste une idée de comment faire. Bref, ma mentor me prend pour une grosse nulle et je dois tout recommencer.

28/01/2013

l'école de l'Angleterre profonde

Je profite d'être malade pour écrire un petit article ici.

J'ai passé une semaine dans ma nouvelle école qui est très différente de la précédente. Elle se situe loin en Essex et même si on n'est qu'en périphérie de Londres, on s'aperçoit que c'est vraiment l'Angleterre profonde. L'école est à 95% white bobos/middle class même si certains enfants viennent de foyers d'accueil ou proviennent de familles locales qui n'ont pas beaucoup d'argent. Tout le monde est très poli et on n'entend pas de hurlements/massacre à la petite cuillière ni dans les couloirs ni dans la cour d'école. La motivation est toujours à susciter, ce sont des enfants tout le même.

Dans le département, on veut des résultats mais on veut que ça soit efficace, d'où la quantité immense de jeux/jouets/flashcards/DVDs et autres ressources en tout genre. Comme il n'y a pas vraiment de livre, on est libre de créer ses propres resources et de tisser des liens entre les sujets. J'y vois là quelques sources d'idées pour mon projet créatif avec l'université.

Certains professeurs sont adorables (notemment ma chef de département) on notera que :

-J'ai été abasourdie d'entendre une prof de maths beugler sur un élève Gifted and Talented (pour faire un gros raccourci: un élève "surdoué") "SHUT UP! JUST SHUT UP!" pour après me taper la discute sur mon choix de veste parce que hihihihi j'ai la même à la maison et j'ai hésité à la mettre aujourd'hui...
-Certains profs t'ignorent, ne disent jamais bonjour et vont jusqu'à te tourner le dos et courir dans les couloirs pour t'éviter. 3615distoutdesuitequejepue


Enfin, je râle mais tout va bien et je suis assez impatiente de réussir ce stage et de m'investir plus dans la vie de l'école comme avec la chorale et les clubs de langue. Mercredi j'enseigne l'heure à mes choupis de Y7 et on jouera à "quelle heure est-il Monsieur Loup?"

14/01/2013

Shocking grammar

Aujourd'hui après la fac, je suis allée à un cours de révisions pour un des tests en ligne que je devrais faire en langue anglaise. Apparemment, je devrai faire preuve de mes compétences linguistiques dans un test de compréhension et de grammaire assez poussé (c'était sans compter mes compétences à ne rien faire si ce n'est utiliser une calculette pour le terrible test en maths de la mort qui tue. Ils nous auraient fait grâce du test d'informatique). Jusque là, je flippais ma race et m'étais donc inscrite à presque toutes les sessions d’entraînement.

Or, il s'est avéré que personne n'avait préparé de leçon et que ce seraient des étudiants en PGCE anglais qui nous aideraient, pauvres petits ignorants que nous étions. Nous sommes donc allés au creux des choses et nous avons parlé de ce qu'était un verbe. « Oui oui, je vous le reprécise au cas où vous auriez oublié » dixit la meuf qui n'a pas plus de qualification que moi et qui n'a jamais mordu la poussière à coups de dictionnaire de linguistique par un rat de blibliothèque aux épaules recouvertes de pellicules grasses. Comment je le sais? Parce qu'elle a tout simplement ajouté "je vous dis ça mais je n'ai jamais fait de grammaire dans ma vie". Keuuuoiiiii???!! Ca voudrait dire que je pourrais enseigner l'anglais sans problème à des natifs? Mais si je dis ça à mes camarades en pleine préparation du CAPES, ils me massacreraient à la mine de crayon HB! (je digresse)

Nous avons découvert le monde merveilleux des apostrophes, des virgules et des majuscules, ce que la plupart des britanniques semblaient totalement ignorer d'après les questions qu'ils posaient (et qui m'ont choquée à vie)

« A quoi sert un apostrophe ? »
« C'est quoi un nom propre ? »
« Il y a t-il une majuscule à 'English' ? »
« James's book, ça veut dire qu'il y a plusieurs James? » etc etc.

Sans compter toutes les fautes dont "grammer" (Ouuuh! Ca picote les yeux!)

Et dire que tous ces gens ont au moins une licence, qu'ils sont profs en devenir et pour la plupart britanniques!! Le plus drôle étant quand les étudiants étrangers corrigeaient les fautes des natifs. J'ai un peu tiqué quand la fille a dit de toujours ajouter une apostrophe suivie d'un 's' lorsque l'on veut marquer la possession des noms propres parce qu'il y a bien des exceptions avec de grands noms comme «Dickens' novel» (et non pas « Dickens's novel»), «Jesus' disciples», « Isis' temple» etc.

Quand j'ai voulu aborder le sujet, la 'prof' m'a simplement ignoré.
+1 behaviour management, bravo.

Bref j'ai perdu mon temps.

Sinon j'ai fait un petit film en français avec d'autres PGCE en français sur l'histoire d'un fantôme à l'université. On a beaucoup ri et au final, ça a donné un résultat vraiment sympa. J'essayerai de le mettre ici.
Et aujourd'hui, j'ai eu la surprise d'entendre qu'une des profs de l'université avait aimé un de mes sequence plans et l'avait récupéré pour l'intégrer à son cours sur la Target Language en disant que c'était un super exemple d'intégration de la langue française. :) wouahou, je suis dans le cours du prof, ça vaut tous les carambars de la classe ça ! 

09/01/2013

Rentrée au bercail

Voilà, je suis rentrée depuis samedi soir où on a fait péter la bouteille de champagne bière locale chez Mr P. pour sa house warming party dans son mini château façon Barnaby de la banlieue londonienne. On s'est échangé les cadeaux à savoir: des chocolats, un sauciflard et une boite de pâté de lapin contre un ancien smartphone qui ne marche pas (enfin il me sert de réveil quoi) et un livre des perles du GCSE.

La rentrée des profs-étudiants à l'université s'est passée en douceur, on était tous très content de se retrouver quoique légèrement dissipé en cours sur le behaviour management. C'était un peu étrange de se retrouver comme élève après s'être mis dans la peau d'un prof. Ensuite j'ai sué à grosses goûtes lorsque nous avons eu un CM dans l'immense hall de l'université où ma tutrice a donné cours sur mon sujet d'assignment que je venais tout juste de rendre. Certains PG ont arrêté du coup les amphis semblent vite beaucoup plus vides.

J'ai vu toute fois la lumière au bout d'un long tunnel avec Student Finance. Après des milliers d'emails, des centaines d'heures passées sur leur site internet à remplir des formulaires, à les appeler au téléphone, à harceler le monsieur de la bourse et ma tutrice (et même la chef du PGCE qui passait dans le couloir est venue me donner un coup de main). Après avoir parlé à une bonne dizaine de personnes du call center de SF qui m'ont tous raconté des histoires différentes, après avoir supplié, menacé, pleuré, je vais enfin avoir droit à une bourse d'étude et donc ne plus devoir vendre mes organes sur internet.

Je prévois donc de rendre hommage à ma tutrice qui a force de persévérance a réussir à obtenir un avis favorable. C'est qu'ici en GB, on embète les étrangers qui ont séjourné moins de 3 ans en Grande-Bretagne. Pour avoir un contrat téléphone, ouvrir un compte bancaire, s'enregistrer aux listes électorales, obtenir une bourse ou une aide financière (emprunt etc) voire même un dossier médical, c'est la croix et la bannière. Pourquoi? Très souvent cela semble être un problème de fiabilité: serai-je capable de payer chaque mois mon contrat téléphonique? Ai-je déjà eu des aides en France qui me rendraient suffisamment riche pour ne pas en avoir en GB? etc.

Il ne me reste plus qu'un an et demi pour en être débarrassée. En attendant, l'aventure m'appelle jeudi où je vais découvrir mon école. Je suis très impatiente de voir à quoi ça ressemble. Et vendredi, je fais une vidéo en Target Language pour aller motiver des élèves en français. Je kiffe ma semaine!

01/01/2013

Rendez-vous en terre inconnue chez les richous

Peuple, tu ne croiras jamais ce qui m'est arrivé. J'ai fait une immersion " rendez-vous en terre inconnue" dans une soirée chez des gros bourgeois. Attends que je te raconte.

Mon plan de soirée du nouvel an étant tombé à l'eau, il fallut que je trouve une nouvelle soirée à la dernière minute histoire de passer la nouvelle année dans une bonne ambiance parisienne. Et puis miraculeuseument, je réussis à être invitée dans une soirée mystérieuse sur le thème des films de James Bond. Ce fut donc le 31 après-midi que je me mis à bricoler un costume de James Bond girl avec les moyens du bord: une robe années 60s en motif pied de poule de chez Primark, très courte mais typiquement anglaise, une montre-gadget énorme, une veste bordeaux et un ruban noir dans les cheveux pour rappeler Honey Rider dans Dr No

Puis une fois arrivée chez l'amie par qui j'avais eu l'invitation, on m'informa un peu du type de soirée: ce serait une fête chic dans le duplex en plein centre de Paris d'une famille parisienne très aisée. "Seule" une bouteille de champagne prestige par tête pour la maîtresse de maison vous permettait d'en pénétrer la propriété. Heureusement, la maman de mon amie avait déjà tout prévu. Ktching ktching!

Une fois sur place, je compris que ma robe Primark n'allait pas passer inaperçu. En effet au lieu de costumes comme j'avais compris, tout le monde portait soit un costard-noeud papillon ou une robe de ball. La moyenne d'âge avoisinait les 40-50ans, tous chefs d'entreprises/assureurs/banquiers/gros partouzeurs de droite et il y avait quelques adolescents boutonneux amis de la fille de maison. Le champagne coulait à flot, c'était là en fait l'unique boisson de la soirée, et sur des tables trônaient des montagnes de brochettes, de petits fours et de verrines à déguster. La décoration avait été aménagée dans le thème avec un papier peint 007 et les posters des films disposés un peu partout. Un type ressemblant étrangement à Daniel Craig se chargea de nous conduire au vestiaire sous une énorme boule à facettes. Jusque là, tout était normal. 

Après une demie douzaine de petits fours engloutis, je m'aperçus que personne ne venait nous parler mes amies et moi. C'était comme si nous n'existions pas: nous n'étions pas du même standing. Je n'eus même pas la peine de me présenter comme étant femme canon dans un cirque afin d'éviter ce moment étrange lorsque je dis que je suis prof, parce que c'est bien connu, les bourgeois n'aiment pas "les petits profs". Cela se confirma par la suite lorsque je partis aux petits coins (on notera qu'on ne dit pas "toilettes" chez les bourges). Un homme et une femme d'une quarantaine d'années se tenaient à côté de la porte. Le monsieur en smoking noir dévorait la dame des yeux en lui racontant des banalités à faire pleurer et ne semblait pas le moindre du monde pressé par un quelconque besoin naturel. C'est alors que je vis qu'il n'y avait personne aux cabinets et je pris donc l'initiative d'ouvrir la porte. A ce moment là, le monsieur, oubliant sa donzelle, se mit à me rudoyer.

"Oh hé l'autre! Ca fait une heure que j'attends! Elle est pas bien gênée celle là!"
Un pied déjà dans le lieu d'aisance, je le toiseai du regard, surprise qu'un type en smoking s'adresse à moi en utilisant la troisième personne et use d'un tel language. Un petit sourire en coin, je lui répondis:
"Eh bien tant pis pour vous!" et je lui claquai la porte au nez en m'enfermant. 
S'ensuivirent quelques injures de ce monsieur qui visiblement n'aimait pas être contrarié et qui tambourina à la porte jusqu'à ce que j'eu terminé. Quand j'ouvris la porte, il m'en sortit d'un coup de bras et me dit:
"Allez hop! Dégage, toi!"
Légèrement indignée mais surtout amusée par le ridicule de ce mec à moitié chauve que son smoking n'a pas rendu plus intelligent pour autant, je lui rétorquai devant une petite foule de curieux: "Vous comptiez fleurette et bien vous en faut." avant de tourner les talons.
Et paf, dans ta face, le gros nul!

Pendant ce temps là, une de mes amies se fit tirer les cheveux par un rustre d'une cinquantaine d'années qui ne voulait pas qu'elle apparaisse sur sa photo de groupe. Tout bonnement pitoyable. 

Du côté des ados, ce n'était guère mieux. Du haut de ses 16 ans, la fille de maison qui ne nous avait jamais vues, nous sauta dessus: "vous êtes qui vous? Parce que là, vous êtes chez moi!" (sans blague!) pendant que ses amis - mineurs - commençaient légèrement à être saoûls avec le champagne, à ricaner comme des bécasses et à faire ce que tous les ados font en soirée c'est à dire: squatter le sol du vestiaire. 

J'appris ce soir là qu'à "23 ans, c'est la honte parce qu'on est déjà trop vieux" ce qui ne semblait pas déranger un des ados qui commença à me draguer. Ses ardeurs furent arrêtées net lorsque je lui avouai que je pouvais être sa prof et le retrouver dans ma classe lundi 7 janvier. Et bim!

Du côté des ancêtres donc, les bourgeois s'activaient du popotin sur le dancefloor. Deux femmes dansaient très langoureusement sur de la musique de jeunes, très certainement une technique pour séduire de vieux croutons excités par l'idée que ces femmes étaient ouvertes à tout (et pas que de l'esprit), des pervers donc, riches, mais pervers tout même. De l'autre côté de la piste de danse, il y avait la femme-boule disco habillée tout de bling bling, la cougar de 60 ans au décolleté plongeant et aux seins qui touchaient le sol, la bourgeoise cavalière et lesbienne de gauche et le Professeur Xavier qui trônait au milieu de la cuisine tout en fumant son gros cigare de la Havane comme si de rien n'était. D'autres quadragénaires dansaient de manière constipée au milieu des vieilles peaux surexcitées et des coupettes de champagne qui défilaient comme s'il en pleuvait.

Aux douze coups de minuit, personne ne vint nous dire bonne année ou nous faire la bise. D'un coup d'oeil échangé avec une de mes amies, nous déclarâmes la guerre. Nous pouvions être bien pires qu'eux. Nous aussi, nous pouvions danser comme des shagasses et être encore plus ridicules sur le dancefloor. Sur du Kmaro et du Gangnam style, nous avions sorti les pires danses possibles: la plongée soumarine, le coton tige passé dans chaque oreille, la danse crabe de The Office, la chorégraphie de Pulp Fiction et j'en passe. 

Nous sommes finalement parties tard, amusées et encore un peu choquées de ce que nous avions vécu, quittant un univers étrange où tout le monde commençait à être sérieusement déchiré, où les ados aux jupes bien plus courtes que ma robe étaient affalés sur le sol du vestiaire. Je me demande encore si en écoutant Gangnam style, ils ont vraiment compris que Psy se moquait des gros bourgeois de leur espèce...Va savoir..